Chroniques

Le bureau à la maison

        Ah, la douceur du foyer! « Home Sweet Home » comme le veut cette belle expression anglo-saxonne. Maintenant, à des coûts de plus en plus raisonnables, la salle de cinéma est accessible à la maison, tout comme la salle de concert. Et que dire des bains publics du début du siècle qui ont cédé leur place à nos confortables salles de bains. Ces dernières sont tellement indispensables qu'il est maintenant à peine concevable qu'un appartement n'en soit pas équipé. Il ne faut pas oublier aussi le luxe d'un système de buanderie personnelle, avec laveuse et sécheuse, habituellement camouflées dans les recoins des logements contemporains. Et j'en passe, et j'en oublie...

        Bref, nous sommes à une époque où le confort à la maison est une donnée essentielle, et il n'est pas faux d'affirmer qu'il atteint de jour en jour une qualité inégalée. Caractéristique d'un rythme de vie typiquement nord-américain, beaucoup d'entre nous affirmeront qu'il n'est pas possible de s'en passer. Les journées de congé passées à la maison sont alors attendues comme des bénédictions, des occasions de jouer le rôle agréable d'hédoniste.

        C'est alors qu'entre en scène une nouvelle donnée : le bureau à la maison et l'incontournable « Small Office Home Office » (SOHO).

        Dans cet univers de confort, pourquoi se déplacer pour aller travailler? C'est sur qu'il y a d'importantes économies à effectuer avec ce genre de vie. Plus besoin de vêtements chics, les pantoufles et la robe de chambre suffisent, ou encore le vieux chandail acheté lors d'un séjour sur la côte est des États-Unis il y a déjà 5 ans. Pas de temp à perdre sur la route. Et que dire des économies sur le café qui ne coûte presque rien lorsque préparé à la maison et qui est franchement meilleur que celui de la machine automatique. C'est fou de penser que, pour le prix d'un sandwich tout préparé, on peut acheter au moins un pain au grand complet.

        Un rendez-vous avec Toronto? Internet est là, à portée de la main pour une petite réunion conférence. Des documents à communiquer en toute urgence? Clic, clic, et c'est réglé. Et que dire des papiers à lire, corriger et commenter. Tout cela sans avoir à endurer la puissance de la lotion après-rasage ou de l'eau de Cologne des camarades de travail.

        Que dire maintenant des applications bureautiques, pierre angulaire des SOHO? Votre petite boîte ronronnante vous sert de secrétaire infatigable, qui ne compte pas ses heures. Tout va bien jusqu'au jour où... ça bogue.

        Pourquoi diable d'aussi grosses entreprises qui fabriquent de tels logiciels lancent-elles sur le marché des horreurs si lourdes et imparfaites? Combien de temps perdu en configuration et surtout diagnostic de tels bogues? Logiciels qui ne sont pas donnés, qui coûtent souvent des centaines de dollars à l'acquisition et parfois plus en temps. Mais le plus frustrant, consiste à se voir offrir quelques mois plus tard une mise à jour, qui, bien sûr n'est pas donnée, du type qui corrige les bogues antérieurs. Alors, pourquoi n'est-il pas possible de réaliser des tableaux comme dans la version précédente du traitement de texte? Pourquoi l'apparition de lignes fantômes dans le logiciel de présentation ou l'utilitaire pour réaliser des organigrammes? Pas surprenant de lire dans les journaux que ces entreprises roulent sur l'or. Si les machines à écrire de l'époque avaient connu autant de mises à jour, elles auraient sans doute cédé la place au stylo.

        Fait intéressant à noter, les problèmes avec les SOHO surviennent toujours lors des mêmes situations embarrassantes. C'est sans doute une nouvelle loi de la nature informatique, et elle n'a rien de scientifique. D'abord, c'est bien connu, lorsqu'il faut bâcler un ouvrage attendu pour hier matin. Ensuite, lorsque c'est l'heure du cycle de rinçage de la lessive, que l'on rate inlassablement. Sans oublier les traditionnels, tiens donc, il n'y a plus d'électricité ou encore les colporteurs qui viennent vous vendre du chocolat pour les activités des scouts du quartier.

        Que faire alors pour obtenir de l'aide? Il est désormais nécessaire d'avoir, dans son calepin d'adresses, les numéros d'amis qui exercent les professions suivantes : fiscaliste, médecin, avocat, notaire et, bien sûr, informaticien spécialisé en bureautique. De nos jours, il est impossible, pour un informaticien, de savoir quels sont ses véritables amis.

        Le bureau à domicile est souvent, d'entrée de jeu, un choix logique et intelligent. Mais le prix à payer pour les avantages demeure encore parfois celui des inconvénients mêmes. Une consolation, toutefois, l'arrivée des révolutionnaires écrans plats qui vont permettre de gagner un peu d'espace sur nos bureaux. Question d'empiler encore plus de paperasse.

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